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Permanence dans un centre d’accueil pour les enfants talibés des rues au Sénégal
Novembre 2010
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David Montenegro, Responsable des Services Généraux chez Fives, a utilisé ses congés payés pour partir en mission à Saint Louis, au Sénégal, dans un centre d’accueil pour les enfants talibés des rues. |
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« Je suis depuis longtemps amoureux de l’Afrique sans y être jamais allé ! Féru de littérature et de musique malienne, j’avais très envie de découvrir cette culture tout en apportant mon aide de façon concrète, si possible à des enfants. En l’absence de mission humanitaire proposée dans ce pays, mon choix s’est reporté sur le nord du Sénégal, à Saint Louis, pour une mission qui combinait le soutien dans une école maternelle le matin à une permanence dans un centre d’accueil qui vient en aide aux talibés des rues l’après midi. |
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A l’origine, ces garçons, âgés de trois à quatorze ans, étaient envoyés par leurs parents pauvres chez des marabouts afin de suivre une éducation coranique accompagnée d’une initiation pratique à la vie communautaire dans un daara. Mais cette pratique est devenue une source de profit pour certains marabouts installés dans les villes qui, non seulement font vivre les enfants dans des conditions sanitaires déplorables, mais les obligent aussi à mendier dans les rues pour se nourrir et rapporter de l’argent. |
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Face à l’ampleur de la tâche, ma mission s’est rapidement recentrée sur ces seuls enfants talibés : leur apporter une aide alimentaire et des soins médicaux, prévenir certaines maladies en leur apprenant notamment les règles élémentaires d’hygiène, et les encadrer au cours d’activités récréatives qui leur fassent oublier la mendicité quotidienne. |
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Mes journées s’organisaient au rythme africain : un trajet d’une heure à pied pour rejoindre le centre d’accueil de l’association, la visite des huit daaras qui regroupent chacune de 20 à 60 enfants talibés, le nettoyage de ce qui leur sert de « lieu de vie » d’une saleté innommable, l’appréciation de leur état de santé, la distribution de médicaments, notamment pour soigner la malaria, le soin des nombreuses plaies, puis la distribution de repas décents, et l’animation. |
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Passé le choc de leurs conditions de vie, c’est la résistance de ces enfants qui m’a le plus impressionné, et leur gravité alors qu’ils sont encore si jeunes. J’en suis encore bouleversé. Dire que l’expérience n’a pas été violente serait mentir, mais cette plongée dans la vie et la culture africaine a été tellement conforme à l’idée que je m’en faisais : je n’ai pas été déçu. Je rêve de réitérer l’expérience, peut-être au Mali qui m’attire toujours, mais le plus difficile sera sans doute de convaincre ma femme de me laisser repartir ! » |
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